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Sell in May 2026 : faut-il vraiment vider son PEA ?

L’adage « Sell in May » revient chaque fin avril. En 2026, avec des marchés en reprise et la BCE en pause, voici ce que les données conseillent vraiment pour votre PEA.

⚠️ Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Certains liens sont des liens partenaires.

Fin avril. Les marchés ont rebondi depuis le choc du premier trimestre. Et comme chaque année à pareille époque, la même question ressurgit dans les forums et les newsletters : faut-il suivre l’adage « Sell in May and go away », alléger son PEA avant l’été et revenir en novembre ?

La réponse courte : probablement pas. Mais les données méritent qu’on y passe cinq minutes avant de décider.

Ce que disent vraiment les statistiques

L’effet saisonnier est réel sur longue période. Sur le CAC 40, la période novembre-avril surperforme historiquement mai-octobre d’environ 4 à 6 points de rendement annualisé. Ce n’est pas une légende urbaine : plusieurs études académiques, dont celle de Bouman et Jacobsen publiée en 2002 dans l’American Economic Review, l’ont documenté sur 37 pays sur plusieurs décennies.

Mais « statistiquement vrai sur 50 ans » ne veut pas dire « fiable cette année ». En 2020, mai-octobre a été l’un des meilleurs semestres de la décennie. En 2023, les marchés ont progressé de plus de 12 % entre mai et septembre. En 2022, vendre en mai aurait effectivement protégé — mais le timing de réentrée était quasi impossible à exécuter sans rater une partie du rebond.

Le problème central : si vous vendez en mai, vous devez décider quand racheter. Et cette décision secondaire est systématiquement pire que de rester investi pour la grande majorité des investisseurs particuliers.

Le contexte 2026 brouille encore les pistes

Cette année, plusieurs éléments compliquent le calcul habituel.

Les marchés européens ont bien récupéré depuis les turbulences de mars liées aux tensions commerciales américaines. Le CAC 40 flirte à nouveau avec ses niveaux de début d’année. Les flux vers les ETF Europe sont repartis à la hausse — la collecte sur les fonds MSCI Europe et Stoxx 600 est en nette reprise depuis mi-avril.

Du côté des banques centrales, Fed et BCE sont en mode attentiste. Pas de baisse de taux imminente, pas de hausse non plus. Ce type d’environnement est historiquement neutre-favorable pour les actions : les taux longs se stabilisent, la prime de risque reste raisonnable.

Concrètement, si vous êtes positionné en ETF World ou ETF S&P 500 dans votre PEA, alléger maintenant pour revenir en novembre signifie plusieurs choses :

  • Payer des frais de transaction, même modiques chez [🔗 LIEN AFFILIÉ TRADE REPUBLIC] ou [🔗 LIEN AFFILIÉ XTB]
  • Aller en cash à l’intérieur du PEA, où les liquidités rapportent 0 % chez la quasi-totalité des courtiers
  • Prendre le risque de rater un été fort si les résultats d’entreprises du S1 surprennent positivement
  • Potentiellement dérégler un DCA mensuel que vous avez mis du temps à automatiser

Deux profils, deux réponses différentes

Si vous êtes en phase d’accumulation — vous investissez chaque mois avec un horizon 10 ans ou plus — ignorer « Sell in May » est la meilleure option, statistiquement et psychologiquement. Votre avantage ne vient pas du timing mais du temps passé sur les marchés.

Si vous portez une plus-value latente significative et envisagez un retrait dans 12 à 24 mois : une légère prise de bénéfice partielle peut avoir du sens. Mais la justification est la gestion du risque avant une sortie programmée, pas l’adage saisonnier.

Un point souvent oublié : dans un PEA, les arbitrages entre ETF ne génèrent pas d’imposition immédiate. Vous pouvez ajuster votre allocation (passer de 100 % ETF World à 80/20 World/monétaire par exemple) sans fiscalité. En revanche, sortir du PEA avant 5 ans déclenche la clôture du plan — erreur à ne surtout pas commettre pour suivre une règle empirique.


👉 Ce que ça change concrètement

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Vendre en mai n’a pas de valeur prédictive fiable sur un an donné. Si votre PEA est investi en ETF avec un horizon 5 ans+, continuez à alimenter normalement. La saisonnalité boursière est une curiosité statistique intéressante — pas un signal d’action. La seule raison valable d’alléger est un changement dans votre situation personnelle, pas le calendrier.


Verdict : Restez investi, maintenez votre DCA si vous en avez un, et ne laissez pas un proverbe de salle des marchés dicter votre stratégie. « Sell in May » a peut-être du sens pour un trader actif — pour un investisseur PEA en ETF, c’est rarement le bon réflexe.

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