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Depuis le 1er juillet 2026, plus aucun courtier de l’Union européenne ne peut être rémunéré par un tiers pour lui envoyer vos ordres de bourse. Cette règle, appelée « interdiction du PFOF », a forcé certains courtiers en ligne à revoir la façon dont ils exécutent vos achats d’ETF. Voici ce que la règle dit, ce qui a changé chez Trade Republic selon la presse spécialisée, et surtout ce que vous pouvez contrôler dans votre PEA.
PFOF : de quoi parle-t-on ?
PFOF signifie payment for order flow, « paiement pour flux d’ordres ». Le principe : un courtier reçoit une commission d’un tiers (souvent un teneur de marché) parce qu’il lui transmet les ordres de ses clients. Le client voit un courtage très bas, mais le courtier a un intérêt financier à choisir l’endroit où l’ordre est exécuté, pas forcément celui qui est le plus favorable au client.
Le règlement européen 2024/791, adopté le 28 février 2024, interdit cette pratique pour les clients particuliers : les entreprises d’investissement ne peuvent pas percevoir de redevance, commission ou avantage non monétaire d’un tiers pour l’exécution ou la transmission des ordres de leurs clients de détail sur un lieu d’exécution donné (texte sur EUR-Lex). Les remises sur les frais de transaction d’une plateforme de négociation restent possibles si elles profitent exclusivement au client.
Pourquoi le 1er juillet 2026 ?
Le texte est entré en application le 28 mars 2024, avec une dérogation : un État membre où la pratique existait déjà pouvait en exempter ses courtiers jusqu’au 30 juin 2026. L’Allemagne a utilisé cette possibilité, selon le régulateur allemand BaFin. Depuis le 1er juillet 2026, l’interdiction s’applique donc aussi aux courtiers allemands, et la BaFin a publié le 22 juillet 2026 une communication précisant ce qu’elle attend d’eux, y compris pour éviter les montages de contournement.
Pourquoi cela vous concerne : Trade Republic, courtier d’origine allemande, propose un PEA en France depuis le 9 janvier 2025 (communiqué de presse de l’entreprise daté du 9 janvier 2025, publié par Les Echos Comfi). Notre avis Trade Republic détaille l’offre PEA.
Ce qui a changé chez Trade Republic, selon la presse
Nous n’avons pas pu lire la grille tarifaire officielle (page chargée dynamiquement) : les éléments ci-dessous viennent de la presse et de sites spécialisés, qui s’accordent sur l’essentiel.
- « Best Price » : mode d’exécution par défaut, à 1 € par ordre. Selon Café de la Bourse, il compare automatiquement les prix de plusieurs places boursières. Selon Cryptoast, Trade Republic se place désormais en contrepartie de la transaction.
- « Direct Price » : option à 2 € par ordre pour choisir soi-même la place d’exécution parmi une trentaine (Xetra, Euronext, Nasdaq, NYSE…).
- Plans d’investissement programmés : présentés comme restant à 0 € de frais d’ordre.
Les sources divergent sur le détail du spread dans chaque mode : c’est précisément le point à vérifier vous-même dans l’application avant de passer un ordre.
Pourquoi le courtage n’est qu’une partie du coût
Le courtage affiché (1 €, 2 €…) est visible. Le spread, l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente, ne l’est pas : il est intégré au prix que vous payez. Sur un ETF liquide, il reste généralement faible ; sur un ETF peu échangé ou à des heures creuses, il peut peser davantage que le courtage lui-même. Ce mécanisme est détaillé dans notre article sur le coût caché des courtiers PEA.
L’interdiction du PFOF ne rend donc pas un courtier « moins cher » ou « plus cher » par principe : elle change qui paie qui, et la manière dont le prix d’exécution est formé. Pour vous, la seule mesure fiable reste le prix réellement obtenu comparé au cours de référence de l’ETF.
Cinq réflexes à garder dans votre PEA
- Privilégier l’ordre à cours limité pour fixer le prix maximum d’achat, surtout hors des heures de forte liquidité. Voir ordre limité ou ordre au marché dans un PEA.
- Comparer le prix obtenu au cours de référence de l’ETF au moment de l’ordre : notez-le sur quelques ordres, vous verrez votre coût d’exécution réel.
- Regrouper vos achats si votre courtage est fixe : un forfait de 1 € pèse 1 % sur un ordre de 100 €, et 0,1 % sur 1 000 €.
- Relire la grille tarifaire officielle de votre courtier : elle a changé en 2026 et peut encore changer.
- Garder l’ETF comme premier critère : frais courants, écart de suivi et encours comptent plus qu’un euro de courtage. Notre guide pour choisir ses ETF dans un PEA donne la méthode.
Et chez les autres courtiers ?
L’interdiction s’applique dans toute l’Union européenne. Les autres courtiers n’ont pas tous la même histoire : le règlement est applicable depuis mars 2024 sauf pour l’Allemagne, qui avait obtenu un report. Pour comparer les offres sur vos propres chiffres (montant moyen par ordre, nombre d’ordres par an), voir notre comparatif des courtiers PEA et l’avis XTB.
Ce que ça change concrètement
Rien ne vous oblige à agir. Mais si vous achetez des ETF dans un PEA chez un courtier qui a modifié son exécution, prenez dix minutes pour lire sa nouvelle grille, passez vos prochains ordres en cours limité, et comparez le prix obtenu au cours de référence. Si l’écart vous surprend, c’est un signal pour comparer avec un autre courtier avant de continuer à y verser. Aucune de ces vérifications ne garantit un meilleur résultat : elle vous donne simplement une mesure.
Sources
- Règlement (UE) 2024/791 du 28 février 2024, article 39 bis du règlement MiFIR : EUR-Lex.
- BaFin, communication du 22 juillet 2026 sur le PFOF : bafin.de.
- Presse spécialisée sur Best Price / Direct Price : Café de la Bourse, Cryptoast.
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